Pourquoi des dessins de mammouths dans les grottes ?

(Peintures rupestres dans la Grande Grotte d’Arcy-sur-Cure, France, il y a 27 000 ans)

Pierre van Eijl

L’art des grottes dans le nord de la France

Il existe peu d’endroits en France où l’on peut encore visiter des grottes contenant des peintures rupestres originales de la préhistoire. La plupart des grottes sont fermées au public afin de protéger les dessins. La Grande Grotte d’Arcy-sur-Cure (la grande grotte d’Arcy, près de la rivière Cure) fait exception. C’est une longue caverne de 500 mètres au fond de laquelle on peut voir des peintures rupestres. On y reconnaît de nombreux animaux (voir la représentation artistique sur la figure 1, sur la banderole à l’entrée de la grotte), mais au moins la moitié des dessins représentent des mammouths. C’est l’une des rares grottes ornées du nord de la France.

Figure 1 : Représentation artistique des figures animales dans la Grande Grotte d’Arcy-sur-Cure

Dans la grotte de stalactites

Lors d’un voyage en France, nous avions – mon amie de randonnée Erna et moi – planifié depuis longtemps une visite à cette grotte, et aujourd’hui, le moment est enfin venu. Avec un petit groupe de Français, nous sommes accueillis à l’entrée de la grotte (voir figure 2) par un guide francophone. C’est un vrai défi pour nous, car notre connaissance du français est limitée.

Figure 2 : Entrée de la grotte (source photo : Wikimedia)

À l’intérieur, un sentier bien praticable (voir figure 3) conduit le visiteur à travers d’impressionnantes formations de stalactites (concrétions qui pendent du plafond) et de stalagmites (concrétions qui montent du sol, formées par les gouttes d’eau riches en calcaire tombant du plafond).

Figure 3 : Le sentier dans la grotte

On apprend que la vitesse de croissance de ces concrétions n’est que d’un centimètre par siècle !

Des dessins sous les dépôts calcaires

Après avoir marché un bon moment dans cette immense grotte remplie de concrétions, nous arrivons dans la partie la plus reculée. Là, sur les parois, apparaissent les contours de nombreux animaux : mammouths, cerf, rhinocéros, et d’autres encore. Ces figures furent découvertes dans les années 1990, lorsque des chercheurs parvinrent à photographier les dessins sous les dépôts de calcaire à l’aide de films infrarouges sensibles. Le calcaire fut ensuite soigneusement retiré, révélant des images remarquablement bien conservées. On a néanmoins laissé une fine couche transparente de calcaire sur les gravures afin de les protéger.
Ces œuvres rupestres se sont révélées très anciennes : environ 27 000 ans, datant du Paléolithique supérieur, plus précisément de la culture de la Gravette. Il s’agit d’une culture archéologique du Paléolithique supérieur européen, nommée d’après le site de Gravette, près de Bayac, en Dordogne.

Le désir de capturer un mammouth

Devant certains dessins, il nous est rapidement apparu évident de quel animal il s’agissait. Pour d’autres, le guide nous montrait, en suivant attentivement les lignes, comment faire apparaître la silhouette de l’animal représenté.
Je me concentre sur un dessin de mammouth pour en savoir davantage. Malheureusement, il est interdit de photographier, aussi ai-je utilisé, pour la figure 4, une photo provenant de Wikipédia. La tête se trouve à gauche, et au moins une défense du mammouth y est encore visible.

Figure 4 : Peinture rupestre d’un mammouth (source : Wikipédia)

Sur la figure 5, on voit le crâne du mammouth de Bergharen, exposé au musée De Bastei à Nimègue, les Pays Bas. On y constate à quel point les défenses de ce mammouth, qui vivait ici il y a 38 900 ans, étaient gigantesques.

Figure 5 : Crâne de mammouth de Bergharen (Pays-Bas), aux défenses impressionnantes

Je me prépare à faire une aura-reading, et peu après, je commence à recevoir, par clairvoyance, des images d’un homme de la préhistoire lié au dessin de la figure 4. C’était un homme très déterminé, animé d’un fort désir de capturer un mammouth. Il était prêt à tout mettre en œuvre pour y parvenir.

Discussion avec les chasseurs expérimentés

Avant ces premières visions, d’autres scènes me sont apparues. Je vois l’homme – nommé Shietaan (le tueur d’ours) – en train de discuter avec plusieurs hommes dans le campement où ils vivent. Ils parlent du rêve de tout chasseur : tuer un mammouth. Une telle chasse fournirait une grande quantité de viande à la communauté, et les défenses constitueraient un bien précieux dont on pourrait tirer de nombreux objets.
Shietaan est fasciné par les récits de chasses anciennes, lorsque des chasseurs avaient réussi à abattre un mammouth. Il désire en faire autant et consulte les chasseurs sur la manière d’y parvenir.
Ils lui racontent comment, jadis, ils avaient conduit un mammouth vers une fosse. L’animal y était tombé, et ils avaient pu le tuer avec des lances. Ils évoquent un endroit où une fissure naturelle dans le sol pouvait être recouverte de branches et de feuillage, la rendant invisible.
Mais, ajoutent-ils, pour réussir une telle chasse, il faut non seulement ruser, mais aussi avoir un rêve annonciateur de la chasse, et surtout, l’autorisation du chaman, car lui seul sait si les dieux sont favorables à une chasse au mammouth.

Consultation du chaman

Shietaan se rend alors chez le chaman du groupe. Il est connu pour entrer parfois en contact avec les dieux.
Lorsque le chaman entend la requête de Shietaan, il paraît soucieux :

« Il faut d’abord qu’un rêve annonce la chasse au mammouth, sinon cela ne servira à rien », dit-il.
« Si les dieux ne sont pas avec nous, seuls des malheurs peuvent survenir. »

Shietaan insiste, expliquant combien il serait bénéfique pour la communauté d’avoir de la viande, des défenses et des os.

« Attends », répond le chaman. « Si les dieux le veulent, ils nous le feront savoir. »

Les jours suivants, tout reste silencieux. Pourtant, Shietaan ne cesse de penser à la chasse. Il interroge encore les chasseurs plus âgés, cherchant à comprendre précisément comment ils avaient jadis capturé un mammouth. Peu à peu, il se forge une idée claire de la chasse.
Quelques jours plus tard, le chaman réunit tout le campement : il annonce avoir reçu un rêve concernant une chasse au mammouth. Une vague d’excitation parcourt la tribu.
Une danse s’improvise, accompagnée de chants invoquant l’aide des dieux pour la chasse. Les chasseurs dansent avec leurs lances, leurs poignards et d’autres armes de chasse.
Plus tard, le chaman prend Shietaan à part :

« Tu sais, Shietaan, que la chasse n’est possible que lorsque l’image d’un mammouth a été offerte aux dieux dans la grotte sacrée. L’accès à cette grotte est secret. D’autres ne doivent pas le savoir, sinon ils pourraient voler le mammouth qui nous est destiné. »

La création du dessin rupestre

Le lendemain, Shietaan part avec le chaman et quelques chasseurs. Des branches enflammées éclairent leur chemin, les guidant profondément dans la grotte.
Tout au long du parcours, ils chantent et adressent des prières aux dieux pour une chasse fructueuse.
Au plus profond de la caverne se trouve l’endroit sacré où doit être représenté le mammouth.
Le chaman remet à Shietaan un morceau d’ocre rouge pour réaliser le dessin.

Alors, quelque chose d’étrange se produit. Une force pénètre en lui et guide ses mains. Dans son esprit, il voit un magnifique dessin de mammouth, tandis que ses mains s’activent d’elles-mêmes.
Autour de lui résonnent les chants invoquant les dieux. Une flamme d’une lampe à graisse éclaire faiblement la paroi.
Le dessin s’achève, et soudain, les chants changent de rythme : ils deviennent plus pressants, plus chargés d’intention. Ils appellent les dieux à les aider à capturer le mammouth figuré.
À un moment, le chaman fait signe qu’il est temps de repartir. Il dit que personne ne devra revenir ici avant que le mammouth ne soit capturé.
Sur le chemin du retour, Shietaan reprend peu à peu conscience, sans pourtant comprendre pleinement ce qu’il vient de vivre.

Le rêve de la chasse

De retour au campement, l’atmosphère est fébrile et pleine d’attente. On guette un signe des dieux, indiquant quand et où chasser.
Quelques jours plus tard, un des chasseurs fait un rêve particulier à propos de la chasse au mammouth :

« Plus loin, il y a une clairière », dit-il, « un endroit à plusieurs heures de marche d’ici (environ trois heures selon notre mesure actuelle). Là, une fosse peut être creusée. Un groupe de mammouths viendra par une pente douce. Les chasseurs devront les provoquer avec des flèches, prudemment, pour ne pas être attaqués, car cette chasse est dangereuse.
Un jeune mammouth doit être effrayé et séparé du groupe ; alors d’autres mammouths le suivront. Un grand mâle devra être blessé à l’œil : cela le rendra furieux et imprudent. En fuyant, il pourra tomber dans la fosse située à un passage étroit. S’il y tombe, on pourra le tuer avec des lances. Mais il faudra se méfier des autres mammouths qui pourraient charger. »

Les chasseurs se préparent. Le chef du camp dirigera la chasse, et Shietaan sera parmi eux.

La chasse

Conform au rêve, les chasseurs partent à la recherche de l’endroit où creuser la fosse. Ils la trouvent et la recouvrent de branches et de feuillage : de l’extérieur, on dirait qu’on peut y marcher sans danger. Mais ce n’est qu’une illusion — c’est un véritable piège.
Quelques chasseurs, dont Shietaan, se cachent près de la fosse. D’autres se dissimulent à la lisière du champ ouvert qui mène au piège. Enfin, certains se cachent de l’autre côté de la clairière.

Ils attendent. Rien ne bouge, aucun mammouth en vue, même après un long moment. Les chasseurs expérimentés savent qu’il faut faire preuve de patience et rester immobiles.
Enfin, des bruits se font entendre au loin : des branches qui craquent, des barrissements puissants.
Bientôt, une immense silhouette apparaît à l’orée du champ — un mammouth colossal. Puis un autre, et encore un autre, accompagnés d’un jeune.

Tous les chasseurs sont sur le qui-vive. Personne n’agit encore.
Quand les mammouths avancent un peu plus, l’un des chasseurs, caché dans les buissons, souffle dans un instrument creux, produisant un son effrayant. Les mammouths s’immobilisent, méfiants.
Un autre chasseur, posté de l’autre côté de la clairière, fait à son tour retentir un cor grave. Les mammouths s’agitent.

Soudain, une flèche touche le jeune mammouth. L’animal barrit de douleur et tente d’arracher la flèche. Les barrissements redoublent.
Les mammouths avancent, cherchant à protéger le jeune. Ils approchent du piège.
Une flèche atteint alors un grand mâle à l’œil : furieux, il s’élance, désorienté. Les autres s’écartent.
Le sol cède brusquement : le géant s’effondre dans la fosse avec un craquement sourd.

Shietaan saisit sa chance : il plante sa lance profondément dans le flanc du mammouth, atteignant le cœur.
D’autres chasseurs accourent et enfoncent leurs armes dans l’animal, qui s’effondre en convulsions avant de mourir.
Les autres mammouths, pris de panique, piétinent nerveusement le champ, puis rebroussent chemin vers les collines.

Le partage du butin

Shietaan et quelques autres se précipitent sur la carcasse et commencent à l’ouvrir avec leurs couteaux de pierre aiguisés (voir figure 6).

Figure 6 : Couteaux en silex retrouvés dans la vallée d’Arcy-sur-Cure (source : Wix.com)

Ils dépecent l’animal avec soin : la peau est précieuse et servira à de nombreux usages.
Les morceaux de viande sont découpés et mis de côté pour être transportés.
Les chasseurs qui s’étaient cachés ailleurs les rejoignent.
Bientôt, un groupe retourne au campement pour prévenir les autres et ramener des renforts pour transporter la viande.
Pendant plusieurs jours, ils découpent la carcasse et transportent les morceaux.
Le butin doit être gardé pour éviter que d’autres animaux ne viennent s’en nourrir.
Certaines pièces de viande sont rôties au feu et mangées sur place.

La chasse est un succès. Shietaan se sent comblé : il a accompli son rêve.
Plus tard dans la journée, des chants s’élèvent pour remercier et honorer les dieux.
Le chaman conduit les chants, auxquels tous participent avec ferveur.

Figure 7 : Carte postale représentant un « Mammouth globuleux » de la grotte d’Arcy

Un os de mammouth néerlandais

Il arrive encore que l’on découvre des ossements de mammouths, même aux Pays-Bas.
Lors de l’exposition Nous Sommes la Nature au musée Singer à Laren (août 2025), un os de jambe de mammouth était exposé.
En me tenant à côté (voir figure 8), j’ai réalisé à quel point ces animaux devaient être gigantesques.

Figure 8 : Os de la patte arrière d’un mammouth

L’os de la photo provenait d’une patte arrière d’un mammouth laineux retrouvé sur l’emplacement de l’actuelle mer du Nord — une région qui, autrefois, était une terre ferme. Ce fossile a environ 50 000 ans.

La puissance du dessin rupestre

Ce qui frappe dans cette aura-reading, c’est l’importance que les hommes préhistoriques accordaient à la création d’un dessin rupestre de l’animal chassé.
Comme dans d’autres lectures d’aura portant sur des gravures paléolithiques (Pourquoi les peintures rupestres du Paléolithique ? — 22 000 à 10 000 ans dans la vallée du Côa, Portugal — et Les dessins cachés de 17 000 ans à Les Eyzies, France), l’accent est mis sur l’attunement aux « dieux ».
Aujourd’hui, nous parlerions plutôt de guides spirituels, d’êtres de lumière ou d’anges.
C’est par l’intermédiaire de ces êtres lumineux que les rêves étaient transmis, rêves auxquels on accordait alors une grande valeur.
On ne partait pas en chasse sans avoir reçu un rêve clair donnant les indications nécessaires.

La création du dessin jouait un rôle essentiel dans ce processus.
Pendant l’exécution, les participants s’accordaient sur la fréquence des « dieux » par le chant.
Le créateur entrait dans un état d’inspiration, comme si une force travaillait à travers lui pour faire naître l’image.
Cela pourrait expliquer pourquoi certaines peintures retrouvées dans les grottes sont de véritables œuvres d’art.

Le dessin ne servait pas seulement à focaliser l’attention sur l’animal chassé, mais aussi à le revendiquer symboliquement.
Grâce au dessin et à la connexion spirituelle établie, on croyait être assuré du succès de la chasse.
Le chaman de cette lecture disait même que partir en chasse sans rêve préalable conduirait à des accidents.
Ainsi, le dessin rupestre devenait un outil presque magique pour assurer la réussite de la chasse.

La technique mystique

Lors d’une précédente aura-reading consacrée aux peintures de Les Eyzies (Les dessins cachés de 17 000 ans) France, j’avais déjà abordé la technique mystique sous-jacente à ces créations — une technique toujours pertinente aujourd’hui.
Ceux qui pratiquent la visualisation créatrice y reconnaîtront sans doute des éléments familiers :
l’idée de former dans son esprit l’image de ce que l’on désire, puis de la « confier à l’univers » afin de la manifester dans la réalité.

Peut-être souhaiterez-vous expérimenter vous-même cette méthode.
Sur le site du KoendalinieNetwerk (Le Réseau de Kundalini), vous trouverez une méditation guidée (en langue Néerlandais) intitulée La création d’une maquette mentale (mock-up), qui vous permettra de le faire.

Pour en savoir plus sur la signification des monuments mégalithiques

D’autres comptes rendus de recherches portant sur les peintures rupestres préhistoriques et sur le fonctionnement originel des dolmens, menhirs, cercles de pierres, pierres oscillantes et cupules — établis grâce à des aura-readings — sont disponibles dans la rubrique « Mijn hunebed » du site du Hunebedcentrum de Borger, Les Pays Bas, ainsi que sur le site du KoendalinieNetwerk (Le Réseau de Kundalini). On y explique aussi ce qu’est une aura-reading.

Dans le livre Pierres magiques – récits courts de l’époque des dolmens (éditions Obelisk, en langue Néerlandais), on trouve d’autres récits de aura-readings de dolmens.
Il y apparaît clairement que les dolmens n’étaient pas des tombes funéraires, mais des lieux de puissance spirituelle, construits et utilisés avec une grande ingéniosité.
L’ouvrage aborde également les possibilités d’étudier scientifiquement leur fonction spirituelle originelle.

Souhaitez-vous tester dans quelle mesure vous avez saisi le sens profond de ces monuments selon les aura-readings ? Participez donc au Quiz du Dolmen, un quiz interactif (en langue Néerlandais) qui vous donnera un retour sur vos réponses. Bonne chance — c’est un véritable défi !

 

La traduction de cet article a été réalisée à l’aide de l’intelligence artificielle.

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